Age of Mythology

Published on: 14th December, 2003

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Le mythe n’est plus : Age of Mythology est bel est bien sorti sur nos Mac. Mais est-il vraiment digne de ses prédécesseurs : Age of Empires I et II ? Prenant place en plein dans l’antiquité, le troisième volet des Age of Empires a bel et bien les atouts pour plaire… mais tomberez-vous sous son charme ?


On n’est loin d’être déçus


Que de plaisir les saveurs de Age premier et second du nom, les petits villageois qu’on envoie récolter des baies puis qui quelques temps après, finissent fermiers dans les champs. Tout était gravé dans les mémoires, aussi bien les différents âges que les combinaisons gagnantes, en passant par les cheat codes, les dromadaires, les éléphants de guerre, le métier à tisser afin de rendre vos villageois plus résistants… Tout ça pourquoi, pour se retrouver à 5 heures du mat devant son ch’tit Mac en prenant les cours à huit heures, avec l’esprit d’ératiquer son ennemi et d’élaborer de nouvelles stratégies bien plus en tête que de suivre les cours. Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, alors la nouvelle qui suit va vous faire plaisir : avec Age of Mythology, c’est tous ces petits plaisirs qui reviennent, avec les nuits blanches passées à jouer en ligne sur GameRanger. Pas bien compliqué à décrire : vous vous sentez sonné ? C’est la faute à notre ch’tit Age of Mythology, tout ce qui a plu aux joueurs (ou presque!) des deux premiers opus sont de nouveau présents, avec une nouvelle couche de nouveautés par Destineer. Des graphismes nettement améliorés, une ergonomie qui une fois encore reste inégalée : voilà à quoi vous devrez vous attendren. Afin de ne pas revenir à l’âge de pierre, je vous propose de zieuter ce que nous avons pensé de ce superbe Age of Mythology.



Soyons clairs et nets, vous débutez tout de suite dans l’action, avec le choix méthodique et fondamental du choix de votre civilisation. Cette fois-ci, fini les quarante et une civilisations différentes, il n’y en a plus que trois (bien distinguées) : les Grecs, les Egyptiens ou encore les terribles hommes du nord, nos amis les Vikings.

Pour chacune de ces civilisations, vous aurez le choix entre trois Dieux principaux, Zeus, Poseidon, et Hades pour les Grecs, Râ, Isis et Set pour les Egyptiens et Odin, Thor puis Loki pour nos chers hommes du nord. Trois Dieux, pour trois orientations totalement différentes mais également pour des arborescences de pouvoirs, améliorations, bonus, et d’unités différentes. Pour chaque dieu principal, le Panthéon propose des dieux secondaires qui à leur tour permettront au joueur d’accéder à certaines unités ou de débloquer des magies particulières. Pour peu que l’on ne soit pas trop regardant, chaque partie de Age Of Mythology est différente en fonction des choix de divinités que l’on fera et tout ceci multiplié par les trois civilisations proposées. Si le déroulement du reste du jeu reste très proche de ce que l’on avait par exemple connu avec Age Of Empires II : The Age Kings, on notera en revanche pas mal d’autres nouveautés avec notamment l’apparition des héros (tiens, ça me rapelle étrangement Warcraft III). Quant à la variété sachez que l’on retrouve pas moins de 92 unités différentes dont 33 créatures mythiques, telles que les fameux Hydres, Centaures minotaures, Colosses, ou encore scarabées enchantés et scorpions géants, enfin, Géants des glaces, Sphinxs, trolls, momies, Dragons… Les autres unités en dehors des héros sont plus classiques et l’on retrouve des machines de sièges, des guerriers de base, des archers, la cavalerie, cavalerie lourde, les hoplites, les éléphants d’assaut et bien d’autres encore. Si l’on regarde le côté solo et donc la campagne du jeu, là encore Age Of Mythology prouve sa qualité et les amateurs du jeu en solo seront heureux d’apprendre que le mode campagne est riche de 36 missions dans la campagne solo, et qu’on pourra également charger des scénarios et disputer des parties sur cartes aléatoires…



Chaque âge offrira au joueur un nouveau pouvoir offert par le dieu secondaire qu’il aura choisi, ainsi que de nombreuses nouvelles unités, dépendant également du dieu choisi, car comme vous vous en êtes doûtés, dans Age of Mythology, tout est axé sur les dieux. On ne fais rien sans un nombre consistants de prieurs pour les Grecs, et de bâtiments en l’honneur des dieux pour les Egyptiens. Vos héros, particulièrement efficaces contre les unités mythiques, sauront prouver leur valeur lors des grandes batailles en agissant en tant que leaders, lançant des sorts à gogo, et sonnant la retraite si jamais le combat tourne mal. Rien de meilleur de choisir Héphaistos en dieu final des Grecs et d’obtenir le pouvoir de la richesse, enrichissant tous vos stocks de ressources toutes les cinq secondes, ou de choisir le fameux dieu des Vikings qui vous permettra d’obtenir le Dragon de la fin du monde. (1800 points de vie quand même !). Trève de résumés, passons au test propre.



Une jolie campagne solo


Ces trois peuples seront comme de coûtume l’occasion de participer à trois campagnes solo ayant pour cadre le monde de la population en question. Au programme de l’escapade stratégique que nous propose Ensemble Studios, trois destinations de rêve donc : la Scandinavie, la Grèce et l’Egypte des Pharaons. Il ne s’agit toutefois pas vraiment de trois campagnes différentes dans la mesure où, à la manière de Warcraft III, il ne s’agit en fait que d’une seule et même histoire qui nous conduit sur différentes terres. Très bien conçue, cette campagne est peut-être un peu moins "hollywoodienne" que celle de Warcraft III mais en même temps les missions sont plus variées et l’ensemble est beaucoup plus didactique. Il me semble qu’après avoir joué les missions en mode campagne d’Age Of Mythology, un joueur est beaucoup plus apte à se débrouiller tant en multijoueurs que seul face à l’ordinateur qu’il ne pouvait l’être après avoir terminé Warcraft III. La campagne solo permet donc de jouer les trois peuples différents au travers de 36 missions assurant pour leur part une bonne durée de vie, d’autant qu’avec les quatre niveaux de difficulté, tous les joueurs devraient pouvoir trouver chaussure à leur pied ! Avant de se lancer, un petit tour dans les options permet de régler évidemment la configuration du jeu et les différents volumes sonores. C’est aussi l’occasion de paramétrer quelques options bien pratiques comme la mise en couleur des amis / ennemis ou l’attitude par défaut de vos unités militaires : un plus qui n’a l’air de rien mais qui simplifie tellement les choses lorsque le but d’une partie n’est pas la destruction systématique de toute forme de vie !



Quant à la reprise des anciens concepts…


En plus de cette première nouveauté et la ressemblance qu’il existe avec Age Of Kings, le dernier jeu de stratégie d’Ensemble Studios est l’occasion d’introduire pas mal de petites modifications qui changeront un peu les habitudes. Commençons par les civilisations qui comme nous le disions précédemment sont enfin, vraiment différentiées les unes part rapport aux autres. Grecs, Egyptiens et Nordiques ne produisent pas les ressources de la même manière, ne disposent pas des mêmes structures et ne possèdent pas du tout les mêmes unités.



Il suffit, par exemple de voir que les champs coûtent pour un peuple du bois alors que pour l’autre, c’est de l’or qu’il faut utiliser. Les Scandinaves ne manqueront pas de surprendre leur monde également avec leurs deux types de travailleurs (les nains sont spécialisés dans l’or) ou bien le fait que ce sont leurs plus faibles soldats qui sont chargés de la construction de structures (Encore un concept ressemblant à Warcraft III, cf les morts-vivants). Cette variété se retrouve dans les unités qui n’ont vraiment pas grand chose à voir avec l’Histoire de l’Antiquité : les cyclopes Grecs côtoient les phénix égyptiens ou les géants de feu scandinaves. Mais ce n’est pas sans poser quelques problèmes pour l’amateur de logique puisque par exemple les petites maisons nécessaires à l’augmentation de la limite de population coûteront parfois de l’or et pas un gramme de bois… Il faut cependant reconnaître que pour le moment, le jeu semble assez équilibré du côté des civilisations en multijoueurs, même si les Nordiques pourraient bien être les plus faciles à jouer. Espérons pour les joueurs habitués aux affrontements par Internet qu’Ensemble Studios suivent de près son jeu afin de sortir les mises à jour nécessaires pour que l’on ne retrouve pas les mêmes défauts que dans les parties d’Age Of Kings.



Les différences entre les civilisations font beaucoup plus penser à ce que l’on pouvait trouver dans Warcraft III et en ce sens le titre d’Ensemble Studios est plus proche du jeu de Blizzard que d’Age Of Kings. Les points de foi que l’on obtient petit à petit servent d’ailleurs à entraîner des unités qui tiennent beaucoup plus du fantastique que de l’historique (phénix ou cyclope donc mais aussi scarabés géants, kraken, hydre…). La foi permet également d’obtenir certaines faveurs bien particulières que l’on ne peut utiliser qu’une fois au cours de la partie. ces faveurs sont en quelques sorte des super pouvoirs à utiliser avec intelligence. On trouve par exemple le tremblement de terre ou le météore chez les dieux les plus agressifs, mais il y aussi la source régénératrice ou l’armure de bronze. Enfin et c’est peut-être l’élément qui fera le plus grincer les dents des joueurs d’Age Of Kings : Ensemble Studios a complètement changé le système de gestion de la limite de la population. S’il n’a rien à voir avec le système adopté par Battle Realms ou Warcraft III, il n’en est pas moins déroutant dans les première minutes de jeu. Les petites maisons ont toujours le rôle de support de base, mais il n’est plus possible que d’en construire dix au maximum. Pour le reste il faudra compter avec la construction de forums. Le problème est que ce bâtiment de base (il sert à produire les paysans et à changer d’époque lorsque certaines conditions sont remplies) ne peut être construit qu’une fois la dernière époque (l’âge héroique pour les ch’tits curieux) atteinte ! Et encore, il ne sera pas possible de les bâtir n’importe où : une carte compte selon sa taille une dizaine ou une vingtaine d’emplacements propice à l’installation de ces fameux forums…

Le mode Multijoueur ? Difficile à configurer mais un vrai plaisir !


Ce changement de taille va amener à mon sens deux styles de parties radicalement différents en multijoueur mais de toute façon assez éloignés d’Age Of Kings. Soit les joueurs n’ont pas la patience d’attendre l’âge héroïque avant de se sauter dessus et les parties seront alors passablement écourtées (1 à 2 heures maximum), soit ils ne feront que de petits assauts afin de contrôler les emplacements pour forums en attendant l’âge héroïque que leur limite de population explose leur permettant alors de mettre au point des armées énormes.



L’aspect multijoueurs devrait donc logiquement être plus nerveux que dans Age Of Kings sans toutefois atteindre le niveau de stress provoqué par les parties de Warcraft III. Certains seront sans doute déçus mais il leur restera toujours le jeu entre potes en réseau local. Notez d’ailleurs qu’Age Of Mythology permet beaucoup plus de fantaisies que ses concurrents dans la configuration des parties réseau. Il est en effet possible de jouer jusqu’à 12 simultanément et de définir des équipes très complexes comme le montre l’exemple suivent : équipe A (2 joueurs), équipe B (3 joueurs), équipe C (1 joueur), équipe D (3 joueurs), équipe E (2 joueurs) et équipe F (1 joueur). De sacrées similitudes avec Warcraft III, encore une fois.



La richesse du jeu réseau est au moins équivalente à celle de titres comme Age Of Kings, et Warcraft III, et viendra à point pour compenser une intelligence artificielle vraiment déficiente. Lors de la campagne solo, cela ne pose pas trop de problème car tout a été minutieusement organisé par les développeurs, mais dès lors que l’on se lance dans parties escarmouche contre plusieurs joueurs contrôlés par l’ordinateur c’est la catastrophe. J’exagère bien sûr et de nombreux joueurs y trouveront leur compte mais les défaillances de cette intelligence artificielle sauteront aux yeux d’un joueur expérimenté. Je n’avais pas apprécié les affrontements contre l’ordinateur dans Warcraft III, mais on ne peut pas dire qu’Age Of Mythology fasse vraiment mieux et si le titre d’Ensemble Studios l’emporte c’est grâce aux niveaux de difficultés paramétrables (ordinateur agressif, équilibré…).



Mais ce qui a frappé dans le côté multijoueur, c’est la difficulté à configurer Age of Mythology. En effet, impossible de jouer pour les personnes ayant un routeur ou se trouvant derrière un pare-feu sans ouvrir une série de ports ! Grande déception de ce côté là, heureusement ratrappée par la richesse du jeu côté mulitjoueurs. Si vous avez rencontré des problèmes et cherchez une réponses, ce lien devrait vous être fortement utile : Le guide pour jouer en multijoueurs. Rendez-vous sur GameRanger, foi d’Aaron :-)



Enfin un moteur en 3 dimensions !


Après Total Annihilation, le pionnier du genre, la plupart des développeurs sont passés à la 3D comme en témoignent certains jeux de stratégie tels qu’Empire Earth sur PC et Warcraft III : Frozen Throne. C’est donc sans grande surprise que l’on voit Ensemble Studios faire aujourd’hui de même. Ce changement bien qu’attendu et indiscutablement réussi, n’est toutefois pas si décisif que ça. Bien sûr le jeu est très joli, les animations toutes mignonnes et le jeu très agréable à regarder, mais ce n’est clairement pas ça qui change la façon de jouer. Pourtant le moteur est à mon sens plus probant que celui de Blizzard, il permet d’ailleurs de faire de véritables rotations dans tous les sens, mais passée la découverte je ne crois pas que beaucoup de joueurs perdront leur temps avec ce gadget.



Le moteur 3D permet plus de fantaisies aux développeurs et leur offre d’ailleurs la possibilité de créer des séquences cinématiques graphiquement identiques au jeu. Il est par contre beaucoup plus lourd à gérer et de la même manière que Blizzard avait contraint les joueurs à revoir leur configuration, Age Of Mythology ne se contentera pas des mêmes machines qu’Age Of Kings. Il faut à mon sens compter avec un processeur, G4 de préférence, cadencé à 500 MHz et 256 Mo de mémoire pour jouer dans de bonnes conditions en particulier lors des parties réseaux. La carte graphique devra pour sa part être dotée d’un minimum de 16 Mo, 32 Mo étant plus que conseillé. Les scènes cinématiques sont malgré cette configuration requise assez décevantes. Pas vraiment moches, elles ne peuvent toutefois pas se comparer aux vidéos de Warcraft III. Notons tout de même les efforts faits sur l’humour. C’est bien la première fois que je vois de temps à autres des petites blagues dans un jeu en apparence aussi sérieux. Voir Arkantos et Ulysse se regarder au moment de l’élaboration du plan d’invasion de Troie est assez amusant. La bande son illustre d’ailleurs parfaitement ces situations avec des voix dans l’ensemble réussies même si bien sûr un peu caricaturales. On regrettera par contre que les musiques soient un peu répétitives, mais la limite d’ennui n’est pas dépassée et tout se passe pour le mieux, finalement.



Quant au portage par Macsoft, il est de qualité : peu de plantages, de problèmes divers… Le jeu ne rame pas en mode multijoueur sur un bon G4, même avec 6 joueurs dans une partie. On se demande même si un patch serait nécessaire sur Mac tellement le nombre de bogues que j’ai remarqué sont rares. La configuration minimale est raisonnable, le jeu tourne bien… De quoi se plaindre ?



En conclusion


Age Of Mythology n’est donc pas une révolution mais il permet en revanche d’affirmer le savoir-faire d’Ensemble Studios. Le jeu reste relativement proche de la série des Age Of Empires et permet une nouvelle fois aux amateurs de stratégie temps réel d’avoir une véritable alternative au titre Blizzard. Si certains éléments font plus ou moins penser à Warcraft III (gestion des héros, importance moindre des ressources), il n’en reste pas moins un jeu Ensemble Studios et les parties sont donc moins nerveuses, plus réfléchies.



Les intégristes de Starcraft et ceux d’Age Of Kings pourront donc continuer à se tourner le dos et chacun dispose maintenant de son RTS en trois dimensions. Le jeu m’est apparu plus facile à prendre en main et les assauts moins brouillon mais, tout comme Blizzard et son fameux Warcraft III, Age Of Mythology aura ses amateurs et ses détracteurs. Toutefois, il constitue à n’en pas douter une excellente évolution d’Age Of Kings. Une évolution tout en douceur, dotée d’un magnifique moteur 3D et d’une prise en main très souple. Pourquoi ne pas, au moins, l’essayer ?





Note :
  • Graphisme :5/5
  • Son :4/5
  • Durée de vie :4/5
  • Jouabilitée :4/5
  • Total :4/5

Les plus :
+ Enfin de la diversité côté des peuples !

+ Possibilité de jouer sur Gameranger à 12

+ Très bonne campagne solo

+ L’ambiance générale du jeu
Les moins :
- La 3D arrive un peu tard

- Intelligence artificielle à revoir

- Difficulté de configuration du jeu pour le mode multijoueurs
Configuration minimale :
• Mac OS X version 10.2

• Macintosh à 450 Mhz ou plus

• 256 Mo de Ram

• 16 Mo de mémoire vidéo

MacOS 9 : non MacOS X via classic :non
MacOS X Carbon :non MacOS X natif :oui

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