On se rend vite compte que l’interface à peu évoluée (doux euphémisme) depuis Baldur’s Gate, ce qui facilite la prise en main et le retour des bonnes vieilles habitudes. A noter également, l’apparition d’une section dans laquelle vous pourrez manager votre équipe, assez utile en fait.

Graphiquement c’est quand même assez pauvre ; Étant basé sur le moteur de Baldur’s Gate, Icewind Dale accuse sérieusement le coup des années. Mais au moins, Baldur’s Gate avait pour lui ses prairies et forêts verdoyantes ; Ici il faudra se contenter, la plupart du temps, de décors inspirés du Monochrome de Whiteman (cf. Les Trois Frères). Malgré les possibilités éffarantes données aux Maitres de Jeu dans les Donjons & Dragons, les lieux à visiter de Icewind Dale sont vraiment quelconques (et déjà vu) et inspirent même l’impression d’avoir été conçu à la va vite ; Dans cette optique, la neige est un excellent artifice pour cacher la pauvreté du théatre de l’action. Gageons tout de même que l’ambiance champètre si caractéristique aux jeux de rôle a peut être tendance à écarter ceux qui sont branchés sur la crapahute en montagne, et que ceux ci retrouverons un peu de leurs souvenirs alpins.
Quoi qu’il en soit, il convient d’ajouter que le manque d’animation à l’écran a parfois tendance (lors des nombreuses longueurs du jeu) à nous évoquer une nature morte plutôt qu’un jeu vidéo. En gros, vous ne vous exposez pas à un risque majeur d’épilepsie en jouant à Icewind Dale.
Un autre gros point noir est l’absence de possibilité de modifier la résolution (640×480) de l’affichage. Je vous laisse imaginer la saveur et la dimension particulière que celà prend sur un écran 21 pouces…
Au niveau de l’ambiance sonore, ce serons les fans du Grand Bleu qui serons ravi. Malgré des musiques seyantes lors de certaines phases de jeu, vos promenades agrestes se révèlerons plutôt paisibles, sans même les gazouillis si enjôleurs de Baldur’s Gate. Les bruitages collent relativement à l’action, et ils ne serons pas sans rappeler ceux de Baldur’s Gate (pour ne pas dire que ce sont exactement les même en fait).
Ainsi, il faut pas s’attendre au festival "sons & lumières" du Puy-du-Fou. Mais la réalisation technique tend à devenir secondaire lorsque le jeu est prenant, c’est pourquoi nous pouvons en faire facilement abstraction. Et c’est là que le bat blesse…
Dès le début, il nous est donné la possibilité de constituter une équipe de plusieurs personnages. L’idée est plutôt bonne, mais il faudra effectuer ses choix judicieusement, car l’augmentation du nombre de membre décroit proportionnellement l’expérience gagnée par chacun d’entre eux. Ce sera donc à vous de déterminer si une équipe de 6 membres qui progressent lentement vaut mieux qu’une de 3 membres progressant à une cadence doublée. Et finalement, de choisir quels types de personnages prendre… Quand aux catégories et professions, ce sont les mêmes que dans BG.

Les dialogues, qui de manière générale se veulent être le pilier d’une bonne intrigue, répétitifs (et répétés) révèlent un manque de profondeur flagrant de la trame (il s’agit là de ceux de la VO). Les voix américaines sont bienvenues, mais néanmoins assez quelconques pour ce type d’aventure ; Les barbares du nord n’auraient-ils donc aucun accent ?
La plupart du temps lorsqu’on engage une discussion, nous sommes noyés par la longueur des dialogues qui s’instaurent ; Le problème étant qu’il faut en passer par ces dialogues qui sont la clé de l’histoire. Certes, on dira que c’est nécessaire pour créer l’univers, l’ambiance et tout ce qu’on veut, mais le fait est que la multiplication des lignes pousse à un certain abattement à force.
Face à un bien pâle scénario (que je n’ose même pas évoquer), dont on a du mal à saisir l’ampleur, nous nous tournerons naturellement vers la succession d’une multitude de petites quêtes (des quéquêtes, si j’ose dire). Mais là aussi, on est bien loin des grandes épopées chevaleresques pour lesquelles ont a payé ; La plupart du temps, ces quêtes ne serons que de banales sollicitations pour retrouver un objet quelconque. Au final, votre groupe se retrouvera à roder de manière plus ou moins hasardeuse dans les alentours.
Tout celà contribue à mettre à mal les meilleures volontés au bout de quelques heures de gamberge hasardeuse. Et la lassitude finit par s’installer irremédiablement ; Le jeu en devient presque interminable à ce moment là.
En résumé, ce n’est pas tant la réalisation technique qui est à mettre en cause, mais c’est surtout le scénario qui souffre d’un grave manque de consistance et ne parvient à aucun moment à réellement capter l’attention du joueur. Enfermé dans un dirigisme assez patent, le joueur n’éprouvera pas la liberté de mouvement acquise avec Baldur’s Gate ; Dès lors, on a la sensation de se retrouver devant une sorte de sous Diablo dans lequel ça cause plus et clic moins (le coté ‘action rythmée’ de Diablo en moins évidement). Au finish, on a la sensation de perdre son temps devant un jeu sans enjeu. A mes yeux, ce jeu aurai plutôt du être un mod.
Certains trouverons ce jugement très sévère, mais même si la fibre est celle de Baldur’s Gate on est loin de l’aventure prenante qu’est ce dernier. Et à mon avis, les fervents défenseurs de Baldur’s Gate risquent de recevoir une cinglante baffe, pour finalement partager mon désarroi.
Maintenant, nous ne pouvons qu’espèrer que Icewind Dale II, en cours de développement chez Black isle sera suffisament mature pour rectifier les terribles erreurs qui minent le premier épisode. Ce serai trop bête d’enterrer si vite une série qui, j’en suis convaincu, a un énorme potentiel.



Les plus :
- L’univers de Icewind
- Complète la série Baldur’s Gate
Les moins :
- Scénario et intérêt
- Réalisation technique vieillote
Configuration minimale :
- G3 – 233 mHz
- 160 M RAM sur MacOS 8.6 ou supérieur
- 128 M RAM sur MacOS X
- 700 Mo de disque dur
| MacOS 9 : oui | MacOS X via classic :non |
| MacOS X Carbon :oui | MacOS X natif :non |